Chez 6 dentistes sur 10, l’eau de rinçage au fauteuil contient plus de germes que celle du robinet



Une enquête menée par le magazine des consommateurs alémanique Kassenturz a révélé que, dans de nombreux cabinets dentaires, l’eau à disposition pour se rincer la bouche au fauteuil contient plus de bactéries que celle du robinet.


En effet, 260 prélèvements d’eau effectués dans des cabinets à travers toute la Suisse, ont permis d’observer que chez 6 dentistes sur 10 l’eau de rinçage contenait une concentration de germes supérieure à 300 UFC par millilitre (quantité maximale autorisée dans l’eau potable). Des pics 100, voire 1000 fois plus élevés ont même été relevés dans certains échantillons !


Selon Olivier Marmy, chef du département Information de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO), le fort taux de contamination découvert trouve son origine dans le matériel à disposition des praticiens : "Les unités dentaires sont des installations extrêmement complexes qui comportent des mètres de petits tuyaux très fins qui peuvent héberger ce qu'on appelle un biofilm, une couche bactérienne très difficile à éliminer. Dès lors, il n'est pas tellement surprenant que de l'eau puisse en sortir avec plus de bactéries qu'il n'y en avait à l'entrée".


Il n’existe aucune norme légale ni aucun contrôle obligatoire concernant l’eau de rinçage. Et, comme peu d’études ont été menées, on ne sait pas vraiment où se trouve la limite à partir de laquelle cette concentration de bactéries peu réellement devenir dangereuse, ni dans quels cas de figure…


Pour Olivier Marmy, il n’est pas nécessaire de paniquer pour autant : "En bouche, les conséquences sont quasiment nulles. Je n'ai pas connaissance d'un seul cas de maladie qui aurait pu en résulter. En outre, dès qu'il y a des interventions invasives dans la bouche, on n'utilise pas l'eau qui vient du réseau d'eau potable, mais des pochettes d'eau stérile reliées à des tuyaux jetables avec des pompes spéciales, qui évitent tout contact entre la machinerie et l'eau". Pas de quoi donc refuser l’eau de rinçage proposée dans les cabinets selon lui.


En revanche, à ses yeux, le problème pourrait plutôt survenir dans les aérosols : "Quand on travaille avec de l'eau pour refroidir, par exemple, la fraise ou la dent, on génère une sorte de brouillard. Il affecte d'ailleurs beaucoup le personnel soignant". Au micro de l'émission suisse On en parle il a d’ailleurs avoué avoir été interpellé par le décès d'un médecin-dentiste atteint de légionellose, évoqué dans l'enquête de Kassensturz.


A la question de savoir s'il faut instaurer des contrôles systématiques, Olivier Marmy se montre prudent : "Pourquoi pas, si on trouve des moyens simples de le faire. Je veux éviter une tempête dans un verre d'eau, qu'on se lance dans des mesures dans la précipitation. Pour moi, l'impératif n'est pas prouvé maintenant. A la SSO, on a une commission chargée de déterminer s'il est nécessaire de renforcer ce genre de contrôles ou de proposer d'autres mesures".


Source : RTS Info

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