L’essor des logiciels « thérapeutiques » qui permettent de suivre sa maladie avec son smartphone


Depuis plusieurs années nous avons vu se multiplier les applications « bien-être » ou « santé » mais depuis peu nous voyons arriver sur le marché un nouveau type d’applications : les logiciels « thérapeutiques ».


Leur particularité ? Ils permettent de suivre l'évolution d'une maladie précise et d'améliorer sa prise en charge à l’image de MSCopilot, une application spécialisée dans le suivi de l’évolution de la sclérose en plaques.


Cette application, récemment validée par un essai clinique, propose une série de tests utilisant les fonctionnalités des smartphones des patients. Leur motricité est par exemple mesurée par le GPS et le podomètre/accéléromètre, leur dextérité par des exercices du doigt sur l'écran tactile et leur cognition par des échanges avec la reconnaissance vocale de leur téléphone.


"La sclérose en plaques est une maladie fluctuante, où la part des symptômes invisibles est très importante. L'application permet d'objectiver et de quantifier ces symptômes", estime Pascal, un patient qui utilise l’application depuis quelques mois interrogé par l'AFP.


Les données collectées par l'app sont transmises en temps réel à son neurologue, en vue de sa prochaine consultation.


"Vous n'avez qu'une chance dans l'année pour voir votre neurologue, pendant 15 minutes (...). Donc il ne faut pas vous planter et bien préparer ce rendez-vous", explique encore ce patient.



En effet, comme l’explique Saad Zinaï, directeur médical d'Ad Scientiam, la start-up française derrière MSCopilot, un des avantages de ce genre d’applications est de permettre de maintenir un lien entre patient et praticien entre les consultations physiques grâce à la dématérialisation du suivi.


« Avec la désertification médicale, la surcharge des services hospitaliers, quand un patient est traité pour une maladie chronique (...) il y a un effet tunnel : il va disparaître du champ de vision de son médecin pendant 6 mois/1 an alors que sa maladie peut évoluer pendant cette période ».



Le marché mondial des logiciels thérapeutiques est encore modeste - il était estimé à 2 milliards de dollars en 2017 - mais il pourrait plus que quadrupler d'ici 2025, selon le cabinet d'études Evaluate Pharma.


Si les sociétés du secteur ont d’abord investi le vaste segment du diabète, ce dernier s’étend désormais à d’autres maladies chroniques comme l'hyperactivité et les troubles de l'attention chez l'enfant (Akili), les maladies respiratoires (Propeller Health), la schizophrénie ou la dépendance aux opiacés (Pear Therapeutics), tandis que d’autres acteurs expérimentent aussi l'accompagnement numérique de patients atteints de cancers.



Source : La Provence

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