Libération explique pourquoi les dentistes dans les publicités ne sont jamais basés en France…



Il y a quelques mois, le quotidien Libération mettait en place un nouveau site internet appelé « Check News ». Au programme : des internautes posent des questions pour lesquelles ils souhaitent obtenir une information véritable et vérifiée, puis les journalistes se renseignent à l’aide de croisements de sources et d’interviews.


Louis, un internaute, a posé la question suivante le 09 octobre dernier : Pourquoi les dentistes dans les pubs pour les dentifrices ne sont jamais basés en France ?


L’occasion idéale pour le quotidien d’expliquer pourquoi Oral-B met en avant un praticien français « basé à Londres » pour vanter les mérites du dernier dentifrice de la marque. Le praticien en question, effectivement français, partage son cabinet londonien avec une autre chirurgien-dentiste française qui faisait, il y a quelque temps, des publicités pour une marque concurrente (Sensodyne), aux côtés d’autres praticiens suisses. Le cabinet Larmoyer, basé à Londres, a fourni une explication simple : « L’ordre des dentistes interdit un praticien exerçant en France de faire de la publicité. Un dentiste, s’il veut apparaitre dans des spots, doit donc exercer à l’étranger, et ne pas être inscrit à l’ordre français ».


Il s’agit bien sûr de l’application de l’article R4127-215 du code de la santé, que l’on retrouve dans le code de déontologie dentaire : « La profession dentaire ne doit pas être pratiquée comme un commerce ». L’article R4127-225 précise, lui, que « le chirurgien-dentiste doit éviter dans ses écrits, propos ou conférences toute atteinte à l’honneur de la profession ou de ses membres. Sont également interdites toute publicité, toute réclame personnelle ou intéressant un tiers ou une firme quelconque ».


Le journal rappelle qu’en 2013, le sujet avait été l’objet d’une controverse, suite à la décision de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) d’un assouplissement des règles relatives à la communication publicitaire des produits cosmétiques, qui rendait possible l’intervention directe d’un professionnel de santé pour la promotion d’un produit cosmétique. L’ordre des dentistes avait alors vivement réagi à cette décision, qui contrevenait au code de la santé.


Source : Libération